Prix des lycéens : entre vote et rencontres

REPORTAGE. Près de 1700 élèves de 34 établissements de Basse-Normandie se sont réunis cet après-midi pour élire le meilleur reportage télévisé du festival.

Au lycée Jean Guéhenno de Flers, dans l’Orne, 110 lycéens de Mortain, Vire et Flers ont regardé avec attention les reportages sur Gaza, l’Irak, le Zimbabwe, le Pakistan, le Soudan, la Birmanie ou encore le Liban.La sélection comportait dix reportages de 2 à 6 minutes chacun. Parmi ces sujets, les lycéens devaient faire leur choix. Après le vote -dont le lauréat sera connu samedi soir-, les lycéens ont pu rencontrer Roméo Langlois, journaliste indépendant,

basé en Colombie. Collaborant avec Capa, Le Figaro et France 24, ce reporter, correspondant régional d’un pays en proie à une guerre civile, travaille surtout sur « les guérilleros, les narcotrafiquants et les différents groupes armés ».

« Est-ce que vous avez peur ? ». Ce fut l’une des premières questions. Pour Roméo Langlois, « si la peur est un facteur permanent, le métier de journaliste apprend à être prudent ». Et de confier aux élèves les « trucs » de base pour éviter d’être suivi ou espionné : effectuer plusieurs tours en taxi, ne jamais parler de choses importantes au téléphone, se méfier d’Internet… Un retour aux méthodes d’il y a vingt ans en quelque sorte.

Parce que les journalistes étrangers bénéficient d’un traitement de faveur par rapport à leurs confrères colombiens, Roméo Langlois a expliqué aux jeunes les menaces, les pressions, voire les tentatives d’assassinats auxquels sont confrontés ses collègues.

Le milieu du journalisme est très fermé, très snob.

Côté pratique, les lycéens ont désiré savoir comment on propose un article, comment on part en reportage mais n’ont pas osé aborder le thème des salaires. Pourtant, Roméo Langlois a tenu à les mettre en garde : « Aujourd’hui, les médias sont en crise. Et le milieu du journalisme est très fermé, très snob. C’est un milieu où il y a énormément de concurrence. Alors il faut se battre. »

Pourquoi vouloir être journaliste alors si la paye n’est pas motivante? Roméo Langlois a expliqué aux lycéens qu’il « aime rencontrer des gens différents, raconter ce qui se passe, avoir accès à des situations complexes ou des endroits fermés qui ne sont ouverts qu’après des mois de contact ».

Parfois, un journaliste ne peut pas tout dire : « parce que

l’opinion n’est pas prête, pour des raisons sécurité ou lorsqu’on n’a pas réunit assez de preuves ». Et si on peut tout dire, « il y a toujours une certaine manière pour le faire ».

Roméo Langlois, qui commençait à se sentir otage de l’actualité liée à Ingrid Bétancourt, va maintenant pouvoir élargir son champ de pérégrinations. Haïti, le Pérou, les Etats-Unis…seront peut-être ses prochaines destinations. En attendant, il monte un sujet sur les Farc qui sera diffusé en novembre sur Canal +.

Cette rencontre avec des lycéens, c’était pour lui l’occasion de parler de son métier. « Un métier mal connu, parfois méprisé et souvent fantasmé… »

Mélinda Trochu

Sont en lice dans la catégorie Prix des lycéens:

_ Urgence médicale (Gaza) 14 décembre 2007.

_ Le siège de Sadr City (Irak), 13 mai 2008.

_ Zimbabwe clandestins (Zimbabwe), septembre 2007.

_ Tikrit (Irak), du 23 au 25 octobre 2007.

_ L’assignation à résidence de Bhutto (Pakistan), 9 novembre 2007.

_ Patrouille escorte femmes (Soudan), 4 décembre 2007.

_ On achève bien les combattus (Gaza), 21 juin 2007.

_ Birmanie (Birmanie), 12 mai 2008.

_ Combats au Liban (Liban), 11 mai 2008.

_ Les miliciens sunnites en Irak (Irak), 19 mars 2008.

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