CINEMA. Près d’un demi-million de spectateurs en France, depuis sa sortie le 25 juin dernier : Valse avec Bachir connaît un succès inattendu pour un film aussi atypique et novateur, le premier documentaire à prendre la forme d’un dessin animé. Il est projeté ce soir à Bayeux, dans le cadre du festival des reporters de guerre.
Le 16 septembre 1982, les camps palestiniens de Sabra et Chatila, à Beyrouth-ouest, étaient investis par une milice chrétienne. Pendant deux jours, elle s’y adonnait à un terrible massacre, pour venger l’assassinat du président libanais nouvellement élu, Gemayel, Bachir de son prénom… Ari Folman y était, avec l’armée israélienne censée contrôler le secteur. Dans Valse avec Bachir, il raconte cette expérience. Ou plutôt il tente de se rappeler, car vingt ans après être revenu du Liban, il s’étonne de ne se souvenir de rien. Le film est la quête de cette mémoire perdue. Petit à petit, au fil des rencontres, notamment avec ses anciens compagnons d’armes, les images ressurgissent, les rêves s’éclaircissent… Beaucoup de critiques ont contesté à Valse avec Bachir son statut de documentaire. L’Académie des Oscars a ainsi refusé que le film concourre dans la catégorie du Meilleur documentaire. Les témoignages, tous authentiques, préexistaient pourtant aux dessins. Et la démarche générale est avant tout celle d’un documentariste. Aux derniers Ophirs (l’équivalent des Oscars en Israël), Valse avec Bachir a remporté six récompenses, dont celles de meilleur film, meilleur scénario et meilleur réalisateur.
Baptiste Touverey
Cinéma Le Méliès, mardi 7 octobre, 20 h 30
Tags: ari folman, cinema, israel, liban, mémoire, valse avec bachir

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