VERNISSAGE. L’exposition consacrée au photographe palestinien est ouverte au public depuis lundi 6 octobre. Le vernissage avait lieu mercredi soir, en présence de Patrick Gomont, maire de Bayeux, et de Patrick Baz, responsable du Moyen-Orient à l’AFP.
Mahmud Hams fut le grand vainqueur de l’édition 2007, puisqu’il a remporté à la fois le prix du jury et le prix du public, parrainé par le CFJ. Une performance, puisqu’il est “assez rare d’avoir les deux”, précise Patrick Gomont, le maire de Bayeux.
Mais Hams n’a jamais pu venir chercher ses trophées.” Les Israéliens ne m’ont pas donné l’autorisation d’aller en Jordanie pour me rendre à Paris, malgré un visa délivré par le consulat de France à Jérusalem. J’attendais avec impatience mon voyage dans un pays que je voulais vraiment visiter. Malheureusement, ceci est le lot quotidien des Palestiniens de Gaza qui ne peuvent pas voyager. En 2006, je n’avais pas non plus pu me rendre en Chine pour recevoir un prix “, a-t-il expliqué dans une interview accordée à Ouest France.
Le photographe est l’auteur de l’incroyable photo primée l’an passé et choisie cette année pour illustrer l’affiche de la quinzième édition. Il s’en explique dans les colonnes de Ouest-France, qui a pu le joindre via Internet, son seul contact avec l’extérieur :“Les F-16 israéliens ont bombardé à trois reprises un bâtiment du Hamas dans le centre de Gaza. Entre deux raids, les gens sont revenus. Soudain, ils se sont mis à courir parce qu’un avion venait de tirer un missile. J’ai pris position pour les photographier, sans penser au reste. À ce moment-là, je n’ai pas vu la roquette ; j’ai seulement entendu une explosion. Autour de moi, des gens étaient étendus sur le sol en sang. Quand je suis rentré au bureau, j’ai découvert que j’avais pris en photo le missile”.
“Montre-moi ce que mon oeil ne voit pas”
Pourtant, cette photo aurait bien pu ne pas être primée. “Certains blogs sionistes ont dit que la photo était un montage, que le missile avait été rajouté. Cela fait partie de la propagande. Mais il a été prouvé scientifiquement qu’elle n’était pas truquée”, expliquait Patrick Baz aux invités présents lors du vernissage, mercredi soir, au Radar, une petite galerie du centre-ville qui, pour l’occasion, avait repeint ses murs en blanc, l’odeur encore tenace attestant de la fraîcheur des travaux.
Pour toutes ces raisons, le Prix Bayeux voulait rendre un hommage cette année. Au photographe, qui prend des risques inconsidérés en travaillant dans la bande Gaza, mais aussi à son travail, qui rend compte avec un réalisme pétrifiant de ce qu’il se passe sur le terrain.
La force de ses photos? Les couleurs, les expressions, le mouvement. Et surtout l’intensité dramatique. Baz, à propos de Hams :“Ses photos accrochent l’oeil. Une photo, c’est comme un papier, il faut que ça accroche. Je dis toujours aux jeunes photographes de l’AFP : “montre-moi ce que mon oeil ne voit pas”. Il faut que la photo me mette une claque. C’est toujours subjectif, mais la qualité de celle de Mahmud, c’est que l’on s’arrête devant”.
Xavier Monferran
Espace d’art actuel “Le Radar”, 24 rue des Cuisiniers, à Bayeux. Du mardi au dimanche, de 14h30 à 18h30, le samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h. Jusqu’au 31 octobre. Entrée libre.
Tags: afp, Bayeux, exposition, gaza, mahmud hams, patrick baz, patrick gomont, vernissage



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