SALON DU LIVRE. Alexandre Janvier n’est pas grand reporter. Mais il a enquêté sur ce métier qui le fascine. Voici le résultat dans son livre : Les Grands reporters. Du mythe à la (parfois) triste réalité.
“Mon reportage le plus dangereux ? Couvrir les élections en Italie !” Et pourtant, Alexandre Janvier est là, au salon du livre du prix Bayeux, parmi des reporters la veille encore dans les rues de Kaboul ou au coeur de la jungle colombienne. Ce jeune journaliste belge de la RTBF Radio est “depuis toujours fasciné par la figure du grand reporter.” En 2004, il a décidé de leur consacrer un ouvrage. Pendant quatre ans, il a lu tout ce qui a été publié sur la question et interviewé des dizaines de grands reporters.
Le risque de se voir reprocher d’être un “profane”? ” Il existe, c’est sûr, mais l’objet de mon livre est différent. Les autres racontent leur guerre. Moi, j’ai voulu montrer toutes les facettes d’un métier.” De fait, son livre a le mérite de l’exhaustivité. Il aborde tous les types de médias et remonte même jusqu’à 1850 pour mettre en perspective les évolutions qu’a connu la profession. Tous les grands problèmes du reportage de guerre ont droit à leur paragraphe. Quitte à sembler peut-être trop scolaire et faire figure de manuel…
Originalité essentielle de la démarche : ” le regard extérieur”. Ne pas être du sérail permet sans doute de se montrer plus critique. D’ailleurs, quand on demande à Alexandre Janvier s’il a l’intention de réaliser un jour son rêve et de devenir lui-même grand reporter, il reste évasif. A croire que son enquête a démystifié ses idoles… “Je ne dis pas que j’ai été refroidi, mais j’ai découvert certaines contraintes, certains dangers que je ne soupçonnais pas. La vie de famille, par exemple, devient très compliquée. Les trois quarts des interviewés sont divorcés…”
Baptiste Touverey

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