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	<title>Le blog du Prix Bayeux-Calvados &#187; afp</title>
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	<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 17:45:03 +0000</pubDate>
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		<title>Keffieh, bodyguards et Kalachnikov</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Oct 2008 13:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Msika</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
TEMOIGNAGE. Ces journalistes reviennent de Kaboul et sont déjà prêts à repartir pour Bagdad. A Bayeux entre deux reportages, ils narrent leur quotidien en Irak.
L&#8217;arrivée à l&#8217;aéroport de Bagdad est déjà une mission à part entière pour un reporter de guerre. &#8220;Il faut avoir de l&#8217;expérience&#8220;, confirme Lucas Menget, de France 24, qui va régulièrement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>TEMOIGNAGE. Ces journalistes reviennent de Kaboul et sont déjà prêts à repartir pour Bagdad. A Bayeux entre deux reportages, ils narrent leur quotidien en Irak.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;arrivée à l&#8217;aéroport de Bagdad est déjà une mission à part entière pour un reporter de guerre. &#8220;<em>Il faut avoir de l&#8217;expérience</em>&#8220;, confirme Lucas Menget, de <em>France 24</em>, qui va régulièrement en Irak depuis cinq ans. Il est essentiel avoir des contacts sur place qui puissent venir jusqu&#8217;à l&#8217;aéroport, par l&#8217;une des routes les plus dangereuses du pays. Le plus souvent, ces contacts préfèrent envoyer un chauffeur <span id="more-925"></span>sans lien avec le journaliste. Un code discret doit avoir été prévu pour que les deux hommes puissent se reconnaître à l&#8217;aéroport.</p>
<p><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/irak-052web2.jpg"><img class="size-full wp-image-1156 alignleft" style="margin: 2px 6px;" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/irak-052web2.jpg" alt="Alexis Jacquet)" width="357" height="248" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans les rues de Bagdad, le quotidien n&#8217;est pas plus simple. Pour la plupart des correspondants, il est impossible de sortir sans escorte. Le grand reporter au <em>Monde </em>Patrice Claude raconte <em>: </em>&#8220;<em>Pour mes trajets, je suis accompagné par une voiture suiveuse. </em><em>A l&#8217;intérieur, des gardes du corps, un pistolet sous la chemise, une Kalachnikov aux pieds</em>. <em>Il est très difficile de prendre plus de deux rendez-vous par jour. </em><em>Les déplacements prennent toujours des heures</em>.&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile en effet de passer inaperçu avec un air d&#8217;occidental. Pour se fondre dans la masse, les journalistes enlèvent tout artifice de modes et lunettes de soleil. Certains se laissent même pousser la barbe. Patrice Claude reconnaît porter parfois un keffieh et un bonnet pour dissimuler ses cheveux. Les femmes, elles, se cachent souvent sous un voile et évitent ainsi de se faire fouiller. Mais cette prudence n&#8217;a pas empêché les prises d&#8217;otages de journalistes occidentaux. Malgré les pressions que le Quai d&#8217;Orsay a exercées sur les journalistes pour les inciter à quitter l&#8217;Irak, certains y sont restés. Et ils ont vu la situation s&#8217;enliser. Les attentats se sont multipliés et les rues se sont vidées. &#8220;<em>Dans certains quartiers, on voyait des têtes décapitées laissées dans les rues de Bagdad</em>&#8220;, se souvient Lucas Menget.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce climat, fabriquer un reportage met beaucoup plus de temps. Parfois, il faut ruser. Pour passer les check points gardés par les sunnites ou par les chiites, des reporters choisissent la ruse. &#8220;<em>Pour passer plus vite les check points</em> (gardés soit par des sunnites, soit par des chiites), <em>certains journalistes prennent dans leur voiture des cassettes de prières chiites et sunnites pour s&#8217;adapter à chaque check point</em>&#8220;, raconte Patrick Baz. Etre comme un caméléon, porter l&#8217;habit de l&#8217;autre pour ne pas se faire remarquer fait partie du quotidien des reporters en Irak pour diminuer les risques. Mais ceux qui subissent le plus les horreurs de la guerre sont les journalistes irakiens. Depuis le début du conflit, entre 200 et 300 d&#8217;entre eux ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Emmanuelle Msika</strong></p>
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		<title>Noor : &#8220;C&#8217;est l&#8217;agence de la dernière chance&#8221;</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 14:22:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexis Jacquet</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[INTERVIEW. Créée il y a seulement un an, l&#8217;agence Noor fait sensation dans le monde du photojournalisme. Claudia Hinterseer, sa directrice, raconte ce projet audacieux. Sa naissance, ses difficultés et ses ambitions.



 

Comment est née l&#8217;agence Noor ?
Tout a commencé à la Nouvelle-Orléans, après le passage de l&#8217;ouragan Katrina. Sur place, les photojournalistes Stanley Greene [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>INTERVIEW. Créée il y a seulement un an, l&#8217;agence Noor fait sensation dans le monde du photojournalisme. Claudia Hinterseer, sa directrice, raconte ce projet audacieux. Sa naissance, ses difficultés et </strong><strong>ses ambitions</strong><strong>.</strong></p>
<p><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/claudia-hinterseer-by-joan-roig.jpg"><img class="size-medium wp-image-950 alignleft" style="margin: 2px 6px;" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/claudia-hinterseer-by-joan-roig-231x300.jpg" alt="Claudia Hinterseer, directrice de Noork (Joan Roig)" width="211" height="275" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">
<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl> </dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comment est née l&#8217;agence Noor ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Tout a commencé à la Nouvelle-Orléans, après le passage de l&#8217;ouragan Katrina. Sur place, les photojournalistes Stanley Greene et <span class="news-body-text">Kadir van Lohuizen ont eu la même idée de faire un sujet sur les déplacés. Mais ils se sentaient un peu bridés par leurs agences respectives. Alors, instinctivement, ils se sont mis à écrire sur une feuille les noms des photographes qu&#8217;ils appréciaient, et qui avaient la même façon de travailler qu&#8217;eux. Le même amour des problématiques </span><span id="more-613"></span><span class="news-body-text">internationales, des sujets sur le long terme, etc.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous ne craignez pas l&#8217;uniformité ?<br />
</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Non! Paradoxalement, ils sont aussi tous très indépendants. Par exemple, chacun possède sa propre page sur notre site Internet. La somme de leurs personnalités est une force. Même avant de rentrer à l&#8217;agence, chacun était déjà très respecté par la profession. Si on cumule, ils ont remporté plus de 35 World Press Photo! C&#8217;est le top du photojournalisme. Bref, il nous manque surtout du temps pour participer à tous les concours&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cela reste un pari audacieux de créer une agence photo en 2008, alors que la profession connaît une crise sans précédent&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui, sans doute. Mais Noor, c&#8217;est l&#8217;agence de la dernière chance. Si ces neuf photographes là, tous talentueux, charismatiques et reconnus, ne réussissent pas, alors personne ne réussira. Nous espérons bien nous en sortir!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous aviez un modèle, lors de la création ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">LE modèle, c&#8217;est évidemment Magnum, il y a 60 ans. Un groupe d&#8217;amis qui rêvent de la même chose, rigolent, se crient dessus, aussi. Notre force, c&#8217;est d&#8217;être une agence très actuelle. Nous envoyons des photos du Tchad, elles sont téléchargées au Japon!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez soufflé il y a peu votre première bougie, quel est le bilan ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Un bilan très positif, mais ce n&#8217;est pas facile tous les jours. Surtout les aspects économiques. Chaque photographe a apporté de l&#8217;argent au capital, il s&#8217;agit maintenant de tenir sur le long terme. Nous croyons tous en l&#8217;avenir du photojournalisme. Nous passons donc beaucoup de temps à réfléchir aux nouvelles manières de travailler. Internet a tout changé par exemple. Nous travaillons de plus en plus en collaboration avec les ONG. Tout est à réinventer, en fait.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>On pourrait reprocher à Noor de miser uniquement sur des grands photographes&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n&#8217;est pas faux. Mais créer une agence n&#8217;est pas simple, il fallait se reposer sur des photographes solides. Ensuite, on pourra penser à recruter, ou à miser sur l&#8217;enseignement. D&#8217;ailleurs, en ce moment même, Greene et Kozyrev donnent des cours aux Etats-Unis. Nous essayons aussi d&#8217;organiser beaucoup de conférences, d&#8217;expositions, etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Craignez-vous la concurrence des agences filaires (AFP, Reuters etc.) ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous ne jouons pas dans la même cour. Leurs moyens sont énormes. Nous, nous préférons miser sur la qualité plutôt que sur la quantité&#8230; Nos concurrents sont plus Corbis, Getty, les agences qui font du grand reportage, qui vont au-delà de l&#8217;actualité. Dès que nous touchons au <em>news</em>, comme lorsque <span class="news-body-text">Samantha Appleton a suivi Barack Obama pendant un an et demi, nous avons des difficultés à vendre nos clichés. En revanche, les publications savent que nos clichés sont de grande valeur. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et les projets ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le plus important sera de réaliser des sujets communs. Les neuf photographes sur un même reportage ou une même thématique. Ou en regard, comme en Géorgie, il y a un mois et demi : <span class="news-body-text">Yuri Kozyrev</span> a travaillé du côté russe. En face, <span class="news-body-text">Jan Grarup s&#8217;est occupé de montrer le contre-champ, côté géorgien. D&#8217;ailleurs, un livre commun aux neuf photographes sortira en fin d&#8217;année. C&#8217;est un premier pas. Le reste n&#8217;est qu&#8217;une question de temps!</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Propos recueillis par Alexis Jacquet</strong></p>
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		<title>Patrick Baz vu par Patrick Baz</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 10:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexis Jacquet</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[DECRYPTAGE. Irak, Liban, Palestine&#8230; Depuis dix ans, Patrick Baz dirige le département Proche-Orient de l&#8217;Agence France Presse. Pour le blog Bayeux-CFJ, le photojournaliste a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.
Liban, 1985. Cette photo m&#8217;a marqué à vie. Je couvrais le détournement de l&#8217;avion de la TWA à l&#8217;aéroport de Beyrouth. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>DECRYPTAGE. Irak, Liban, Palestine&#8230; Depuis dix ans, Patrick Baz dirige le département Proche-Orient de l&#8217;Agence France Presse. Pour le blog Bayeux-CFJ, le photojournaliste a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/000_arp1307873web.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-732" style="margin: 2px 6px;" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/000_arp1307873web-194x300.jpg" alt="" width="194" height="300" /></a><strong>Liban, 1985. </strong>Cette photo m&#8217;a marqué à vie. Je couvrais le détournement de l&#8217;avion de la TWA à l&#8217;aéroport de Beyrouth. En rentrant chez moi, j&#8217;ai entendu une explosion au cœur du quartier chrétien. Une voiture piégée&#8230; Alors j&#8217;ai suivi la colonne de fumée. En arrivant sur place, j&#8217;ai vu ce secouriste sortir un bébé des décombres. Une petite fille d&#8217;à peine trois mois en pyjama rose. J&#8217;ai pris la photo et je l&#8217;ai immédiatement envoyée à Paris. Sans la voir. J&#8217;ai découvert le cliché le lendemain, dans les journaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis d&#8217;autres événements sont arrivés. D&#8217;autres explosions, d&#8217;autres voitures piégées&#8230;<span id="more-726"></span> Mais je n&#8217;ai jamais oublié cette petite fille, j&#8217;ai même pensé à la retrouver. Quand on fait ce métier, on a quelque peu l&#8217;impression de faire son pain sur le malheur des autres. Je cherche parfois à revoir les sujets de mes reportages. C&#8217;est une sorte de thérapie! Là, Je pensais qu&#8217;elle était morte&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, un homme a appelé l&#8217;AFP pour obtenir la photo. C&#8217;était le secouriste! On lui a donné mon nom, il m&#8217;a contacté par e-mail. Il m&#8217;a dit que le bébé devait être en vie! J&#8217;ai décidé de le retrouver en retournant dans le quartier. Un vrai flash-back : je marchais dans la même rue, j&#8217;aurais pu faire le trajet les yeux fermés. Finalement, j&#8217;ai réussi à retrouver sa trace grâce à des voisins. C&#8217;est sa mère qui m&#8217;a ouvert la porte. Je lui ai montré les photos, le bébé avait 21 ans&#8230; et ne se souvenait de rien. La mère, elle, était beaucoup plus touchée.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi, le plus émouvant a été de mettre en contact Joyce, la &#8220;petite fille&#8221;, et le secouriste. En fait, ce n&#8217;est pas moi l&#8217;histoire, c&#8217;est eux. Aujourd&#8217;hui, elle le considère comme son père adoptif. Moi, je n&#8217;ai fait qu&#8217;immortaliser leur rencontre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/bombardementweb.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-779" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/bombardementweb-300x204.jpg" alt="" width="300" height="204" /></a><strong>Irak, 2003.</strong> Je ne supporte pas que l&#8217;on m&#8217;associe cette photo. Tout simplement parce que ça n&#8217;en n&#8217;est pas une&#8230; C&#8217;est une merde, j&#8217;ai juste appuyé sur un bouton du balcon de mon hôtel. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai moi-même hésité à l&#8217;envoyer à l&#8217;agence! Mais c&#8217;était la première photo des bombardements de Bagdad, en 2003. Le lendemain, je faisais la une de tous les journaux du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien que chez moi, je conserve plus d&#8217;une centaine de journaux avec cette photo en une, mais il doit y en avoir trois fois plus au moins. En fait, tout le monde attendait ce bombardement et les journaux se sont jetés sur la première. Plusieurs photographes ont fait le même cliché d&#8217;ailleurs. C&#8217;est un collègue, assis sur le même balcon, qui m&#8217;a dit &#8220;regarde là-bas!&#8221; en me montrant la boule de feu dans le ciel. Si ma photo a été publiée, c&#8217;est parce que j&#8217;avais les moyens de transmission que les autres n&#8217;avaient pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, cette photo fait partie de ma vie, je ne peux pas la nier. Mais aujourd&#8217;hui, lorsque l&#8217;on prononce le nom de &#8220;Patrick Baz&#8221;, on pense à cette photo. Alors que c&#8217;est sans aucun doute l&#8217;une des plus mauvaises de ma carrière.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/gardeweb.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-782" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/gardeweb-300x205.jpg" alt="" width="300" height="205" /></a><strong>Irak, 2003. </strong>Cette photographie était une exclusivité lorsque je l&#8217;ai prise. La première des forces spéciales de la garde républicaine irakienne, l&#8217;armée de Saddam. D&#8217;ailleurs, dès le lendemain, tous les médias du monde m&#8217;ont appelé pour savoir comment j&#8217;avais réussi à être &#8220;embedded&#8221; (embarqués) avec eux. La question est ridicule, ce n&#8217;est pas le genre de mecs avec qui on est embedded. Ce sont de vrais guerriers.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, j&#8217;ai eu à peine trente minutes pour les prendre en photo. Et quand j&#8217;ai entendu les bombardiers américains se rapprocher, je me suis dépêché de fuir. En partant, j&#8217;ai été intercepté par les services du renseignement. Ils m&#8217;ont interrogé pendant plus de deux heures. Pendant ce temps, les photos étaient cachées dans mon caleçon! C&#8217;était un jour avant la chute du régime.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alexis Jacquet</strong></p>
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		<title>Mahmud Hams, le regard de Gaza</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Oct 2008 10:55:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier Monferran</dc:creator>
		
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Mercredi soir, lors du vernissage de l&#8217;exposition Mahmud Hams (XM)


VERNISSAGE. L&#8217;exposition consacrée au photographe palestinien est ouverte au public depuis lundi 6 octobre. Le vernissage avait lieu mercredi soir, en présence de Patrick Gomont, maire de Bayeux, et de Patrick Baz, responsable du Moyen-Orient à l&#8217;AFP.
Mahmud Hams fut le grand vainqueur de l&#8217;édition 2007, puisqu&#8217;il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_689" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/sg108040.jpg"><img class="size-medium wp-image-689" style="2px 6px" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/sg108040-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Mercredi soir, lors du vernissage de l&#8217;exposition Mahmud Hams (XM)</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;"><strong>VERNISSAGE. L&#8217;exposition consacrée au photographe palestinien est ouverte au public depuis lundi 6 octobre. Le vernissage avait lieu mercredi soir, en présence de Patrick Gomont, maire de Bayeux, et de Patrick Baz, responsable du Moyen-Orient à l&#8217;AFP.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mahmud Hams fut le grand vainqueur de l&#8217;édition 2007, puisqu&#8217;il a remporté à la fois le prix du jury et le prix du public, parrainé par le CFJ. <span id="more-593"></span>Une performance, puisqu&#8217;il est <em>&#8220;assez rare d&#8217;avoir les deux&#8221;</em>, précise Patrick Gomont, le maire de Bayeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais Hams n&#8217;a jamais pu venir chercher ses trophées.<em>&#8221; </em><span style="AR-SA;"><em>Les Israéliens ne m&#8217;ont pas donné l&#8217;autorisation d&#8217;aller en Jordanie pour me rendre à Paris, malgré un visa délivré par le consulat de France à Jérusalem. J&#8217;attendais avec impatience mon voyage dans un pays que je voulais vraiment visiter. Malheureusement, ceci est le lot quotidien des Palestiniens de Gaza qui ne peuvent pas voyager. En 2006, je n&#8217;avais pas non plus pu me rendre en Chine pour recevoir un prix &#8220;</em>, a-t-il expliqué dans une interview accordée à Ouest France.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;"><span style="AR-SA;">Le photographe est l&#8217;auteur de l&#8217;incroyable photo primée l&#8217;an passé et choisie cette année pour illustrer l&#8217;affiche de la quinzième édition. Il s&#8217;en explique dans les colonnes de <em>Ouest-France</em>, qui a pu le joindre via Internet, son seul contact avec l&#8217;extérieur :</span></span><span style="AR-SA;"><span style="AR-SA;"><em>&#8220;Les <span style="Arial;">F-16</span> israéliens ont bombardé à trois reprises un bâtiment du Hamas dans le centre de Gaza. Entre deux raids, les gens sont revenus. Soudain, ils se sont mis à courir parce qu&#8217;un avion venait de tirer un missile. J&#8217;ai pris position pour les photographier, sans penser au reste. À ce moment-là, je n&#8217;ai pas vu la roquette ; j&#8217;ai seulement entendu une explosion. Autour de moi, des gens étaient étendus sur le sol en sang. Quand je suis rentré au bureau, j&#8217;ai découvert que j&#8217;avais pris en photo le missile&#8221;.</em></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;"><span style="AR-SA;"><strong>&#8220;Montre-moi ce que mon oeil ne voit pas&#8221;</strong></span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;"><span style="AR-SA;">Pourtant, cette photo aurait bien pu ne pas être primée. <em>&#8220;Certains blogs sionistes ont dit que la photo était un montage, que le missile avait été rajouté. Cela fait partie de la propagande. Mais il a été prouvé scientifiquement qu&#8217;elle n&#8217;était pas truquée&#8221;</em>, expliquait Patrick Baz aux invités présents lors du vernissage, mercredi soir, au Radar, une petite galerie du centre-ville qui, pour l&#8217;occasion, avait repeint ses murs en blanc, l&#8217;odeur encore tenace attestant de la fraîcheur des travaux.</span></span></p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: justify;">
<dl id="attachment_690" class="wp-caption aligncenter" style="width: 510px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/nic19994.jpg"><img class="size-full wp-image-690" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/nic19994.jpg" alt="" width="500" height="279" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">20 janvier 2006 – Gaza, bande de Gaza – Des jeunes militantes du Hamas arrivent en bus pour assister à un rassemblement du mouvement islamiste à la veille des élections législatives du 25 janvier. (AFP / MAHMUD HAMS)</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Pour toutes ces raisons,<span style="AR-SA;"> le Prix Bayeux voulait rendre un hommage cette année. Au photographe, qui prend des risques inconsidérés en travaillant dans la bande Gaza, mais aussi à son travail, qui rend compte avec un réalisme pétrifiant de ce qu&#8217;il se passe sur le terrain. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;">La force de ses photos? Les couleurs, les expressions, le mouvement. Et surtout l&#8217;intensité dramatique. Baz, à propos de Hams :<em>&#8220;Ses photos accrochent l&#8217;oeil. Une photo, c&#8217;est comme un papier, il faut que ça accroche. Je dis toujours aux jeunes photographes de l&#8217;AFP : &#8220;montre-moi ce que mon oeil ne voit pas&#8221;. Il faut que la photo me mette une claque. C&#8217;est toujours subjectif, mais la qualité de celle de Mahmud, c&#8217;est que l&#8217;on s&#8217;arrête devant&#8221;</em>.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;"><strong>Xavier Monferran</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="AR-SA;">Espace d&#8217;art actuel &#8220;Le Radar&#8221;, 24 rue des Cuisiniers, à Bayeux. Du mardi au dimanche, de 14h30 à 18h30, le samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h. Jusqu&#8217;au 31 octobre. Entrée libre.</span></p>
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