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	<title>Le blog du Prix Bayeux-Calvados &#187; proche-orient</title>
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	<pubDate>Sun, 21 Jun 2009 17:45:03 +0000</pubDate>
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		<title>Keffieh, bodyguards et Kalachnikov</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Oct 2008 13:49:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Msika</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[
TEMOIGNAGE. Ces journalistes reviennent de Kaboul et sont déjà prêts à repartir pour Bagdad. A Bayeux entre deux reportages, ils narrent leur quotidien en Irak.
L&#8217;arrivée à l&#8217;aéroport de Bagdad est déjà une mission à part entière pour un reporter de guerre. &#8220;Il faut avoir de l&#8217;expérience&#8220;, confirme Lucas Menget, de France 24, qui va régulièrement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>TEMOIGNAGE. Ces journalistes reviennent de Kaboul et sont déjà prêts à repartir pour Bagdad. A Bayeux entre deux reportages, ils narrent leur quotidien en Irak.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;arrivée à l&#8217;aéroport de Bagdad est déjà une mission à part entière pour un reporter de guerre. &#8220;<em>Il faut avoir de l&#8217;expérience</em>&#8220;, confirme Lucas Menget, de <em>France 24</em>, qui va régulièrement en Irak depuis cinq ans. Il est essentiel avoir des contacts sur place qui puissent venir jusqu&#8217;à l&#8217;aéroport, par l&#8217;une des routes les plus dangereuses du pays. Le plus souvent, ces contacts préfèrent envoyer un chauffeur <span id="more-925"></span>sans lien avec le journaliste. Un code discret doit avoir été prévu pour que les deux hommes puissent se reconnaître à l&#8217;aéroport.</p>
<p><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/irak-052web2.jpg"><img class="size-full wp-image-1156 alignleft" style="margin: 2px 6px;" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/irak-052web2.jpg" alt="Alexis Jacquet)" width="357" height="248" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans les rues de Bagdad, le quotidien n&#8217;est pas plus simple. Pour la plupart des correspondants, il est impossible de sortir sans escorte. Le grand reporter au <em>Monde </em>Patrice Claude raconte <em>: </em>&#8220;<em>Pour mes trajets, je suis accompagné par une voiture suiveuse. </em><em>A l&#8217;intérieur, des gardes du corps, un pistolet sous la chemise, une Kalachnikov aux pieds</em>. <em>Il est très difficile de prendre plus de deux rendez-vous par jour. </em><em>Les déplacements prennent toujours des heures</em>.&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile en effet de passer inaperçu avec un air d&#8217;occidental. Pour se fondre dans la masse, les journalistes enlèvent tout artifice de modes et lunettes de soleil. Certains se laissent même pousser la barbe. Patrice Claude reconnaît porter parfois un keffieh et un bonnet pour dissimuler ses cheveux. Les femmes, elles, se cachent souvent sous un voile et évitent ainsi de se faire fouiller. Mais cette prudence n&#8217;a pas empêché les prises d&#8217;otages de journalistes occidentaux. Malgré les pressions que le Quai d&#8217;Orsay a exercées sur les journalistes pour les inciter à quitter l&#8217;Irak, certains y sont restés. Et ils ont vu la situation s&#8217;enliser. Les attentats se sont multipliés et les rues se sont vidées. &#8220;<em>Dans certains quartiers, on voyait des têtes décapitées laissées dans les rues de Bagdad</em>&#8220;, se souvient Lucas Menget.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce climat, fabriquer un reportage met beaucoup plus de temps. Parfois, il faut ruser. Pour passer les check points gardés par les sunnites ou par les chiites, des reporters choisissent la ruse. &#8220;<em>Pour passer plus vite les check points</em> (gardés soit par des sunnites, soit par des chiites), <em>certains journalistes prennent dans leur voiture des cassettes de prières chiites et sunnites pour s&#8217;adapter à chaque check point</em>&#8220;, raconte Patrick Baz. Etre comme un caméléon, porter l&#8217;habit de l&#8217;autre pour ne pas se faire remarquer fait partie du quotidien des reporters en Irak pour diminuer les risques. Mais ceux qui subissent le plus les horreurs de la guerre sont les journalistes irakiens. Depuis le début du conflit, entre 200 et 300 d&#8217;entre eux ont disparu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Emmanuelle Msika</strong></p>
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		<title>Patrick Baz vu par Patrick Baz</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 10:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexis Jacquet</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Bayeux en direct]]></category>

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		<description><![CDATA[DECRYPTAGE. Irak, Liban, Palestine&#8230; Depuis dix ans, Patrick Baz dirige le département Proche-Orient de l&#8217;Agence France Presse. Pour le blog Bayeux-CFJ, le photojournaliste a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.
Liban, 1985. Cette photo m&#8217;a marqué à vie. Je couvrais le détournement de l&#8217;avion de la TWA à l&#8217;aéroport de Beyrouth. En [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>DECRYPTAGE. Irak, Liban, Palestine&#8230; Depuis dix ans, Patrick Baz dirige le département Proche-Orient de l&#8217;Agence France Presse. Pour le blog Bayeux-CFJ, le photojournaliste a accepté de commenter certaines de ses photos les plus marquantes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/000_arp1307873web.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-732" style="margin: 2px 6px;" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/000_arp1307873web-194x300.jpg" alt="" width="194" height="300" /></a><strong>Liban, 1985. </strong>Cette photo m&#8217;a marqué à vie. Je couvrais le détournement de l&#8217;avion de la TWA à l&#8217;aéroport de Beyrouth. En rentrant chez moi, j&#8217;ai entendu une explosion au cœur du quartier chrétien. Une voiture piégée&#8230; Alors j&#8217;ai suivi la colonne de fumée. En arrivant sur place, j&#8217;ai vu ce secouriste sortir un bébé des décombres. Une petite fille d&#8217;à peine trois mois en pyjama rose. J&#8217;ai pris la photo et je l&#8217;ai immédiatement envoyée à Paris. Sans la voir. J&#8217;ai découvert le cliché le lendemain, dans les journaux.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis d&#8217;autres événements sont arrivés. D&#8217;autres explosions, d&#8217;autres voitures piégées&#8230;<span id="more-726"></span> Mais je n&#8217;ai jamais oublié cette petite fille, j&#8217;ai même pensé à la retrouver. Quand on fait ce métier, on a quelque peu l&#8217;impression de faire son pain sur le malheur des autres. Je cherche parfois à revoir les sujets de mes reportages. C&#8217;est une sorte de thérapie! Là, Je pensais qu&#8217;elle était morte&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Vingt ans plus tard, un homme a appelé l&#8217;AFP pour obtenir la photo. C&#8217;était le secouriste! On lui a donné mon nom, il m&#8217;a contacté par e-mail. Il m&#8217;a dit que le bébé devait être en vie! J&#8217;ai décidé de le retrouver en retournant dans le quartier. Un vrai flash-back : je marchais dans la même rue, j&#8217;aurais pu faire le trajet les yeux fermés. Finalement, j&#8217;ai réussi à retrouver sa trace grâce à des voisins. C&#8217;est sa mère qui m&#8217;a ouvert la porte. Je lui ai montré les photos, le bébé avait 21 ans&#8230; et ne se souvenait de rien. La mère, elle, était beaucoup plus touchée.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour moi, le plus émouvant a été de mettre en contact Joyce, la &#8220;petite fille&#8221;, et le secouriste. En fait, ce n&#8217;est pas moi l&#8217;histoire, c&#8217;est eux. Aujourd&#8217;hui, elle le considère comme son père adoptif. Moi, je n&#8217;ai fait qu&#8217;immortaliser leur rencontre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/bombardementweb.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-779" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/bombardementweb-300x204.jpg" alt="" width="300" height="204" /></a><strong>Irak, 2003.</strong> Je ne supporte pas que l&#8217;on m&#8217;associe cette photo. Tout simplement parce que ça n&#8217;en n&#8217;est pas une&#8230; C&#8217;est une merde, j&#8217;ai juste appuyé sur un bouton du balcon de mon hôtel. D&#8217;ailleurs, j&#8217;ai moi-même hésité à l&#8217;envoyer à l&#8217;agence! Mais c&#8217;était la première photo des bombardements de Bagdad, en 2003. Le lendemain, je faisais la une de tous les journaux du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Rien que chez moi, je conserve plus d&#8217;une centaine de journaux avec cette photo en une, mais il doit y en avoir trois fois plus au moins. En fait, tout le monde attendait ce bombardement et les journaux se sont jetés sur la première. Plusieurs photographes ont fait le même cliché d&#8217;ailleurs. C&#8217;est un collègue, assis sur le même balcon, qui m&#8217;a dit &#8220;regarde là-bas!&#8221; en me montrant la boule de feu dans le ciel. Si ma photo a été publiée, c&#8217;est parce que j&#8217;avais les moyens de transmission que les autres n&#8217;avaient pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, cette photo fait partie de ma vie, je ne peux pas la nier. Mais aujourd&#8217;hui, lorsque l&#8217;on prononce le nom de &#8220;Patrick Baz&#8221;, on pense à cette photo. Alors que c&#8217;est sans aucun doute l&#8217;une des plus mauvaises de ma carrière.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/gardeweb.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-782" src="http://blogcfj.prixbayeux.org/wp-content/uploads/2008/10/gardeweb-300x205.jpg" alt="" width="300" height="205" /></a><strong>Irak, 2003. </strong>Cette photographie était une exclusivité lorsque je l&#8217;ai prise. La première des forces spéciales de la garde républicaine irakienne, l&#8217;armée de Saddam. D&#8217;ailleurs, dès le lendemain, tous les médias du monde m&#8217;ont appelé pour savoir comment j&#8217;avais réussi à être &#8220;embedded&#8221; (embarqués) avec eux. La question est ridicule, ce n&#8217;est pas le genre de mecs avec qui on est embedded. Ce sont de vrais guerriers.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, j&#8217;ai eu à peine trente minutes pour les prendre en photo. Et quand j&#8217;ai entendu les bombardiers américains se rapprocher, je me suis dépêché de fuir. En partant, j&#8217;ai été intercepté par les services du renseignement. Ils m&#8217;ont interrogé pendant plus de deux heures. Pendant ce temps, les photos étaient cachées dans mon caleçon! C&#8217;était un jour avant la chute du régime.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alexis Jacquet</strong></p>
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